Emile Pagliantini un FFL de la 2ème DB

08 mai 2012

Calot rouge

 

epagliffl-Calot rouge RMSM

Emile Pagliantini
25 décembre 1924, Montalcino, Toscane Italie
1978 Grury, Saône et Loire
Engagé dans les Forces françaises libres – FFL, le 1er juillet 1940 à Londres
Affecté au 1er régiment de chasseurs, Camberley, Grande - Bretagne
Affecté au 1er régiment de spahis marocains à l’automne 1941 en Syrie
Rattachement à la colonne Leclerc le 26 janvier 1943 en Libye (Force L puis 2ème DB)
Affecté au 12ème régiment de chasseurs d’Afrique le 18 février 1945 unité de la 2ème DB
Campagnes de Libye (1942) Tunisie (1943) France (1944) Allemagne (1945)

epagliffl-Médailles

Croix de guerre étoile de bronze
Croix de guerre des Théâtres des opérations extérieures (TOE)
Médaille des évadés
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Médaille coloniale puis outre mer Syrie Libye Tunisie
Médaille des engagés volontaires

 epagliffl-Médaille FFL

 

 Pour toute information complémentaire sur les Forces françaises libres, consulter les sites en lien avec celui-ci.

 Pour aller plus loin lire l'article "De Gaulle, les FFL et la Résistance vus par les responsables de la Wehrmacht"

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Portrait d'un FFL

« S’il n’y avait pas eu la guerre, je serais peut-être devenu un voyou. Je me suis donc taillé car je faisais des bêtises. »

Emile Pagliantini est né le 25 décembre 1924 à Montalcino en Italie. Ses parents émigrent en France. Ils s’installent dans la région d’Ax les Termes puis à Brest. Ils se séparent de manière contrainte et forcée. Son père est expulsé vers l’Italie suite à une rixe dans laquelle il est impliqué. Il emmène avec lui sa fille aînée.

Sa mère se remet en ménage. Son enfance et son adolescence ne sont pas toujours faciles. Les études ne le passionnent pas mais il obtient tout de même le certificat d’études primaire en 1938.

Il part pour la Grande-Bretagne avec un groupe de copains le 17 juin 1940. Il a seize ans mais déclare qu’il en a dix huit.
Ce vieillissement lui causera des difficultés lorsqu’il se fera naturaliser français en 1958.

Il contracte un engagement dans les Forces françaises libres (FFL) pour la durée de la guerre le 23 juin (a/c du 1er juillet 1940).
Il est affecté le 13 septembre 1940 à la Compagnie de Chasseurs.
En 1941 il est transéré en Afrique équatoriale française.
Il traverse tout le continent pour arriver en Egypte d'où il est envoyé en Syrie.
Il est incorporé dans les spahis.
Dès janvier 1942 il est engagé en Libye puis, en 1943, en Tunise.
Il est rattaché aux troupes du colonel Leclerc. Son unité le 1er RMSM sera incorporé à la 2ème DB.
La Normandie en 1944, Paris, la Champagne. En 1945, la poche de Royan, puis l'Allemagne pour la fin du IIIème Reich.

epagliffl-RMSM

Il ne parlait pas de la guerre. Il l’avait évoquée avec mon père qui était un ancien combattant de 1940 qui fut fait prisonnier à la mi-juin lors de violents combats en Eure-et-Loir. Il lui avait fait part d’une lutte âpre dans un cimetière en Alsace. Il y était coincé avec d’autres soldats sous le feu de l’ennemi. Je crois qu’il lui avait dit que pour s’en sortir il avait du lutter au corps à corps parmi des tombes. Il fut blessé à une jambe. Il lui avoua qu’il en avait fait de mauvais rêves par la suite.

Après la guerre, il vit d’emplois sans suites. Lors de son passage en Afrique il avait rencontré un Français qui avait proposé aux jeunes soldats de les recontacter après la guerre s’ils n’avaient pas de travail. Il s’expatrie une première fois mais il est rapatrié sanitaire suite à une mauvaise malaria. Il travaille pour le CEA dans une mine d’uranium à Grury en Saône et Loire. Il s’y fixe et se marie en 1948 avec Lucie Bodelin, née en 1925.

epagliffl-Emile Lucie Grury 1948

Emile Pagliantini et son épouse Lucie à Grury (Saône et Loire) en 1948

Il sera un temps mineur à Montceau-les-Mines, au puy Plichon ( 1948 - 1949, peut-être jusqu'en 1950).

Il repart à nouveau en Afrique, au Niger. Il fait de la prospection minière dans l’Aïr. Une fois installé, son épouse le rejoint en 1952.

Ils travaillèrent et vécurent à 80/100 kilomètres au nord d’Agadez, à El Mécki et Taghouagi jusqu’à l’indépendance du Niger en 1960.

Il prospecte et trouve des gisements de cassitérite, et autres minerais contenant des traces d’uranium. Il dirige une concession de prospection où il fait travailler les populations locales, des hommes haoussa. Au moment de l’indépendance du Niger il ne souhaite pas rester en Afrique. Il rentre en France et revient vivre à Grury. En 1964 il retrouve une activité de prospection minière en Australie où il restera jusqu’en 1966. De retour en France, il se reclassera dans une usine à Gueugnon. Son épouse tient le Petit Casino de Grury entre 1969 et 1974.

Il décède en 1978 à Grury.

Du caractère, forte tête, tête brûlée selon la manière dont on pouvait le percevoir, il ne tirait pas gloire de son épopée militaire. Il avait combattu  mais cela était le passé. Ce qui avait été fait, était fait. Je savais que mon oncle, qui était aussi mon parrain, avait combattu dans la 2éme DB mais j’ignorais qu’il était un FFL des premières heures. Je crois qu’il a adhéré aux anciens de la 2ème DB, après la guerre, mais il n’a pas persévéré. Il ne faisait partie d’aucune association d’anciens combattants. Lorsqu’il y avait des cérémonies patriotiques dans sa commune, on lui demandait de participer, mais il ne donnait pas suite. « Tu me vois avec les médailleset … merde !»

Amoureux des chansons d’Yves Montand et du jazz de Django Reinhardt, il était un danseur de tango accompli. La chasse et la pêche étaient ses autres passions. Tantôt charmeur, tantôt rude il se définissait  comme étant un rital (il eut à en souffrir dans son enfance, comme de nombreux immigrés italiens).

J’entends sa voix gutturale prononcer les paroles qui suivent avec des inflexions tantôt basses, tantôt gouailleuses.

 « Lorsque j'ai rertrouvé ma mère et mes sœurs, m'approchant d’elles, ma mère m’a engueulé et m’a giflé me reprochant d’être parti. » Rires

« Je n’étais pas sérieux et dès que j’avais un petit grade, je me faisais casser. » Rires

«  A un endroit, il fallait franchir un pont. Un premier char s’engage, détruit ; un second, pareil.
Mes copains ont tous été tués. Notre char s’engage à son tour. On y va et ça passe ! »

« On m’a proposé une deuxième ficelle pour aller en Indochine, mais j’ai décidé que c’était terminé. »

Pour aller plus loin l'article : " Les Français libres à l'épreuve de la Libération "

epagliffl-DiplomeFFL3

De Brest à Camberley, 1940

En préambule on peut lire BRETAGNE ET BREST JUIN 40
ou
suivre les liens au fur et à mesure de la chronologie

14 - 15 juin : le 6ème Bataillon de chasseurs alpins (6ème BCA) et la 13ème Demi-brigade de marche de la légion étrangère débarquent à Brest après avoir transité par la Grande - Bretagne au retour de l'expédition en Norvège 

16 juin : les 12ème et 14ème Bataillons de chasseurs alpins débarquent à Lorient en raison de mines immergées devant le port de Brest

Ces unités vont être engagées dans la défense de l'hypothétique Réduit breton

17 juin : départ d'Emile Pagliantini pour la Grande - Bretagne

Depuis le 15 juin, la Gande-Bretagne a déclenché l'opération Ariel pour rapatrier les dernières troupes présentes en France.
Des navires font la navette entre les ports de l'ouest de la France et la Grande-Bretagne.
Brest en fait partie.
Emile Pagliantini a certainement profité de ces transports pour partir ... vers l'aventure.

18 juin : les troupes françaises débarquées les 14, 15 et 16 s'embarquent pour la Grande-Bretagne

Appel du général de Gaulle à Londres

19 juin : arrivée d'Emile Pagliantini en Grande - Bretagne

20 juin : le 6ème BCA est cantonné à Trentham - Park

21 juin : la 13ème DBLE est cantonnée dans la région de Glasgow. 900 hommes décident de rester en Grande - Bretagne, les autres demandent à être rapatriés en France
La 14ème DBLE est créée
Le colonel Magrin - Verneret en prend le commandement

Réunion à Rethondes des délégations française et allemande pour la fixation des conditions d’armistice

22 juin : signature des conventions d'armistices franco-allemand et franco-italien

23 juin : Emile Pagliantini contracte à Londres un engagement pour la durée de la guerre contre l'Axe
Il sera affecté au Bataillon de chasseurs nouvellement créé

25 juin : 00h45 entrée en vigueur de l'armistice franco-allemand

28 juin : reconnaissance de Charles de Gaulle par le gouvernement britannique comme chef des Français libres

1er juillet : 7 officiers, 30 sous - officiers et chasseurs du 6ème BCA décident de rester en Grande - Bretagne
Le reste du bataillon embarque pour le Maroc

Installation du gouvernement français à Vichy

10 juillet : Création et installation du Bataillon de chasseurs à Delville - Camp, Aldershot
Commandant : capitaine Hucher, ancien du 6ème BCA
1ère compagnie : capitaine Lalande
1ère section :   lieutenant Labaume
2ème section : lieutenant Dureau
.ème section :  sous-lieutenant Saulnier
;ème section :  sous-lieutenant Paris
2ème compagnie : capitaine Dupont
3ème compagnie : lieutenant Chabert (sera dissoute)

Chaque compagnie est composée de 4 sections
Chaque section est composée de 3 groupes de combat de 11 hommes

L’Assemblée nationale délègue au maréchal Pétain le pouvoir constituant

11 juillet : promulgation des actes constitutionnels instaurant l'Etat français

7 août : accord franco-anglais sur le fonctionnement des FFL

Octobre : le Bataillon est à Camberley

Novembre : le Bataillon est cantonné au camp Old Dean à Camberley

8 décembre : le Bataillon est dissous, les hommes sont répartis dans les différentes unités FFL qui se mettent en place

10 décembre : création de 3 pelotons

peloton des officiers          lieutenant Stahl
peloton des sous-officiers capitaine Lalande
peloton des spécialistes   capitaine Dupont

Le Bataillon des Chasseurs ne combattra jamais en tant que tel
Les hommes qui y ont été formés seront incorporés dans les unités de la France libre en Afrique et au Moyen Orient

Affectations d'Emile Pagliantini au Bataillon de Chasseurs
1er juillet 1940                 1ère compagnie - Camberley
21 avril 1941                    Transmissions - Old Dean
16 août 1941                    Compagnie d'instruction
29 août 1941                    T.O.E.
1er septembre 1941         Compagnie portée du groupe T.O.E.

Groupe Transmissions epagliffl

Le groupe Transmissions à Old Dean
Emile Pagliantini, debout, en haut à gauche
René Troël, accroupi, au centre
Les autres à identifier

De Liverpool à Damas 1941 voir album photos Afrique 1941

23 mars : Emile Pagliantini embarque à Liverpool pour l'Afrique équatoriale française - AEF

19 mai : il débarque à Pointe - Noire au Congo, il y stationne jusqu'au 2 juin

epagliffl - Pointe Noire 19 mai 1941

 

epagliffl - Pointe Noire mai juin 1941

3 juin : transfert à Brazzaville

4 au 13 juin : stationnement à Brazzaville

epagliffl - Brazzaville la chambre juin 1941

5 juin : embarquement pour Bangui en Oubangui

6 au 28 juin : stationnement à Bangui

4 juillet : il stationne à Fort - Archambault puis à Fort - Lamy au Tchad

6 août : embarquement pour Khartoum au Soudan britannique

18 septembre : arrivée à Khartoum

23 septembre - 3 octobre : cantonnement au Caire en Egypte

epagliffl - Camp des Français depuis les Pyramides

 Mena Camp près du Caire

4 octobre : il est transféré en Syrie

25 octobre : arrivée à Beyrouth
Affectation au 1er Régiment de spahis marocains - 1er RSM
(mention reprise dans l'état de services d'Emile Pagliantini)
En réalité le 1er RSM est resté fidèle à l'Etat français et a été transféré au Maroc.
Depuis juillet les escadrons de spahis qui se sont rangés dans la France libre ont été organisés
en Groupe de reconnaissance de corps d'armée - Grca

Stationnement à Damas

4 décembre : départ de Damas pour la LIbye
peut-être avec un peloton d'automitrailleuses du 3ème escadron commandé par le capitaine de Courcel
mis à la disposition de la 1ère Brigade française libre du général Koenig 

 

 

La guerre en Libye, 1942 - 1943

La colonie italienne est située entre l’Egypte sous « protectorat » britannique, son empire colonial et celui de la France.
Les tensions sont assez vives entre les trois puissances, l’Italie étant membre de l’Axe. Sur ordre de Mussolini, les Italiens lancent une offensive en direction de l’Egypte à partir de juillet 1940. C’est le début de nombreuses offensives et contre-offensives entre les Italiens, renforcés à partir de 1941 par les Allemands de l’Afrikakorps et les Britanniques auxquels se joindront des unités des Forces françaises libres (FFL). La guerre en Afrique du Nord prendra fin avec la défaite allemande en Tunisie, en 1943.
La Libye est organisée autour d’une bande côtière méditerranéenne où se situent les villes et les ports. Ce sera le théâtre des opérations militaires qui déborderont dans le désert, au sud de cette zone.

Juillet 1940, offensive italienne sous le commandement du maréchal Graziani
Au départ de Fort – Capuzzo les Italiens franchissent la frontière avec l’Egypte, prennent Solloum le 16 juillet et s’avancent jusqu’à Sidi el Barani le 18 septembre.

Décembre 1940, contre – offensive britannique sous le commandement du général Wavel
Sidi-el-Barani est repris le 12 décembre, les britanniques vont faire la conquête de la Cyrénaïque par la côte et contrôleront Benghazi le 6 février 1941

Mars 1941, 1ère offensive allemande sous le commandement du général Rommel
Au départ de El Algheila le 24 mars, l’Afrika Korps, fer de lance des forces de l’axe, récupère la Cyrénaïque et pénètrent en Egypte jusqu’à Marsa – Matruh le 15 juin

Juin 1941, contre – offensive alliée sous le commandement du général Auchinleck
les alliés (Britanniques et Français libres) reprennent l’offensive sur Marsa – Matrouh le 15 juin et repoussent les Allemands jusqu’à leur point  de départ, El Algheila, le 22 janvier 1942 en ayant délivré Tobrouk d’un siège qui a duré du 11 avril au 8 décembre.

Janvier 1942, 2ème offensive allemande sous le commandement du général Rommel
le 24 janvier l’Afrika Korps part à la reconquête de la Cyrénaïque à partir de El Agheila. Les alliés affrontent les Allemands sur une ligne de front allant de Aïn el Gazala, au bord de la mer, à Bir – Hakeim où les Forces françaises libres s’illustrent le 11 juin en résistant et retardant les troupes de Rommel. Malgré ce sérieux accrochage elles progressent jusqu’à El Alamein en Egypte, tout près d’Alexandrie. Ce sera la première bataille dans ce lieu le 29 juin à l’issue de laquelle aucun des protagonistes ne prend l’avantage sur l’autre.

epagliffl - Groupe Libye 1942

Printemps 1942 en Libye
Devant une automitrailleuse Marmon-Herrington de type Mark III 
G.R.C.A. de la Brigade des Forces libres d'Orient
De droite à gauche :
Sergent André Salaun " Leclerc "
Lieutenant François Morel-Deville
Spahi de 1ère classe Joseph Quiniou
Sous-lieutenant André " Albert " Bergeron
Spahi de 1ère classe Etienne Bouchard
Spahi de 2ème classe Guy Conus
Emile Pagliantini se tient derrière Etienne Bouchard, on aperçoit son calot et ses yeux

Octobre 1942, offensive générale alliée sous le commandement du général Montgomery
le 23 octobre se déroule la seconde bataille de El Alamein, cette fois-ci victorieuse pour les alliés. Elle est le point de départ de la reconquête de la Libye. La Cyrénaïque est reprise, El Agheila est atteint le 15 décembre et dépassé. Les alliés sont à Syrte le 25 décembre et prennent Tripoli le 23 janvier 1943. Les troupes françaises  commandées par le général Leclerc venant de Fort – Lamy ont conquis et traversé le Fezzan avec pour objectif la liaison avec l’armée de Montgomery. Elles sont divisées en deux colonnes. L’une progresse en direction de Tripoli, qu’elle atteint le 25 janvier, l’autre se dirige vers le sud de la Tunisie et occupe Gadamès le 28 janvier. Le général Leclerc fait son entrée à Tripoli le 26 janvier. Le 31 janvier les troupes alliées sont près de la frontière tunisienne, à Zouara,. Elles seront à Médénine en Tunisie, le 20 février. Les Allemands sont définitivement chassés de Libye. 

Campagne de Lybie d'Emile Pagliantini  :  

Il participe à l'offensive britannique commandée par le général Auchinlek puis au repli des Alliés suite à l'attaque de Rommel en janvier 1942

peut-être dans le peloton du capitaine de Courcel constitué en élément de reconnaissance pour participer aux patrouilles de Josk Columns britanniques en Cyrénaïque

janvier 1942 : Halfaya, Bardia, Tobrouk, Benghazi

mars 1942 : retraite  jusqu’à Marsa-Matruh en Egypte

septembre 1942 : rattaché à La Colonne volante certainement dans l'escadron du 1er Rmsm commandé par le capitaine Morel-Deville

octobre - novembre 1942 : attaque d’El-Alamein avec la 1ère Division française libre

Emile Pagliantini s'y distingue.
Il est cité à l'ordre du 1er RMSM

" Excellent conducteur calme et courageux. Au combat du 6 novembre a exécuté avec sang-froid et présence d'esprit, sous un feu nourri des canons anti-chars, les manoeuvres qui ont permis à son A.M. de contribuer utilement à la destruction ou la mise en fuite de ceux-ci."

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

novembre -décembre 1942 : poursuite des troupes allemandes et italiennes jusqu'à Tripoli avec la Colonne volante

janvier 1943 : attaché à la colonne Leclerc à partir de le jonction à Tripoli de la VIII° Armée de Montgomery et la Force L de Leclerc


09 mai 2012

La guerre en Tunisie, 1943

Les forces de l’Axe entament un repli de la Libye à la Tunisie entre le 4 novembre 1942 et le 22 janvier 1942 où elles se trouvent sur la ligne Mareth (ligne de défense édifiée par les Français face à la Libye italienne). Le débarquement des Américains en Afrique du nord le 8 novembre 1942 va changer la donne. La nouvelle stratégie consiste à prendre en tenaille les forces de l’Axe depuis l’Algérie tandis que la VIIIème armée britannique poursuivra son offensive. Mais le contexte politique et militaire français en Afrique du nord empêche une  prise rapide de décisions.
Doit – on empêcher par tous les moyens l’intrusion de troupes étrangères sur le territoire (affaire du débarquement allié) ?
Doit – on admettre que les troupes de l’Axe avec lesquelles la France a été en guerre continuent d’occuper nos territoires ?
Dans quel camp se ranger : rester fidèle à l’Etat français ou se ranger dans le camp des Alliés anglais et américains ?
Le 22 novembre la Tunisie est placée dans le camp allié.
Les opérations militaires peuvent vraiment commencer. La Tunisie a été renforcée avec le concours de l’Italie qui a pu la ravitailler par air et par mer. La résistance des troupes de Rommel est forte. Les unités américaines peu aguerries sont stoppées ou défaites.

Pour poursuivre l’offensive contre les armées de l’axe depuis la Libye, la colonne Leclerc, qui devient la Force L, a pour mission de couvrir le flanc gauche de la VIIIème armée de Montgomery le long de la ligne Mareth. Elle est rééquipée par les britanniques et se voit renforcer par des unités FFL. Parmi celles-ci il y a la colonne volante du colonel Rémy, les spahis marocains du 1er RMSM. La Force L pénètre en Tunisie le 20 février. Elle affronte les Allemands à Ksar Rhilane dans un combat difficile qui lui permet d’arrêter l’ennemi le 10 mars. Le 29 mars elle s’empare de Gabès. Les armées américaine et britannique y font leur jonction et peuvent mettre en place un dispositif commun qui permettra de vaincre l’adversaire. Un détachement entre à Tunis le 10 mai avec la VIIIème armée. La campagne de Tunisie se termine. Toute l’Afrique du nord passe sous le contrôle des alliés. Ce sera la point de départ de l’ouverture de nouveaux fronts à l’ouest de l’Europe, dans un premier temps par la Sicile et l’Italie, puis en 1944 par la France.

Campagne de Tunisie d'Emile Pagliantini

janvier : rattaché à la colonne Leclerc à partir de Tripoli 

février à mars  : campagne du sud tunisien (ligne Mareth) 

début avril : Gabès 

12 au 15 avril : Kairouan 

fin avril au 10 mai : Djebel Zaghouan 

12 mai : entrée à Tunis 

14 mai 1943 : quitte Tunis

18 mai au 4 juin : stationne aux environs de Sousse 

De la Force L à la 2ème DB, 1943

Le général Leclerc est promu général de division le 25 mai 1943. La Force L devient le 30 mai la 2ème division française libre.
Le général Giraud commandant civil et militaire d’Alger obtient du commandement américain le déplacement des divisions françaises libres en Libye. Le 10 juin la 2ème DFL de Leclerc quitte la Tunisie pour le camp de Sabratha en Tripolitaine. La 1ère DFL sera envoyée au camp de Zuara dans la même région. Le 1er août le Comité français de libération nationale (CFLN) décide de réorganiser l'armée. Les FFL sont supprimées. Elles sont rassemblées avec l'Armée d'Afrique et les troupes coloniales pour devenir l'Armée française de la libération. Leclerc en profite pour incorporer de nouvelles troupes les équiper et les entrainer. Le 24 août la 2ème DFL devient la 2ème division blindée (2ème DB) sur le modèle de brigades américaines dotées de groupements tactiques interarmes. En septembre la 2ème DB gagne le Maroc et s’installe à Témara où elle équipée avec du matériel américain. A partir du 10 avril 1944 ses unités s’embarquent pour la Grande – Bretagne où elle sera affectée à la 3ème Armée américaine commandée par le général Patton. Le 1er RMSM devient le régiment de reconnaissance de la 2ème DB. Il est commandé par le colonel Rémy. Il comprend 6 escadrons dont quatre équipés d'automitrailleuses.

Parcours d'Emile Pagliantini 

7 juillet 1943 : arrivée à Tripoli

dirigé sur Constantine puis sur le Maroc

5 avril 1944 : arrivée à Témara  

21 avril 1944: débarque à Port-Talbot  puis dirigé sur Hornsea (Hull)

29 juillet 1944 : embarque pour la France  

1er août 1944 : débarquement  à Saint Mère Eglise

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17 juillet 2012

De Sainte Mère Eglise à Paris, 1944 - 1945

Après le débarquement en France les informations contenues dans son livret militaire perdu et la fiche de renseignements FFL sont contradictoires.
Elles ne font pas apparaître clairement son parcours entre le 1er août 1944 et le début de l’année 1945.

Ces contradictions peuvent provenir d’erreurs de retranscription ou être dû à son identité.
La fiche FFL mentionne une date de naissance erronée et une faussé identité. Emile Pagliantini s’est vieilli de deux ans pour pouvoir souscrire un engagement et a déclaré un faux état civil. Il en supportera les conséquences assez longtemps.
Il a été affecté aux forces françaises en Grande-Bretagne après son débarquement en France puis envoyé à Paris à la fin de l'année 1944. 

Il est réaffecté le 5 février 1945, au RMSM

Il est affecté le 18 février 1945, au 12ème régiment de chasseurs d'Afrique, où il terminera la guerre.

Copie livret militaire 
11 août 1944 : affecté le à la 33ème compagnie du G.G. de Londres
Novembre 1944 : débarquement en France, affecté au Ministère de la Défense nationale (Service du chiffre)
Réaffecté au 1er RMSM le 5 février 1945

Fiche FFL 
Muté à la C.I. du camp Old Dean a/c du 15 mai 1944
(AM n°222/M/FTGB/BP du 23 mai 1944
Muté au QG 33 du 27 juillet 1944
(AM n°336/M/BP du 1er août 1944)
Affecté à la section du chiffre du ministère de la Guerre à Paris le 5 octobre 1944
(AM n°434/EM/FTGB/ du 5 octobre 1944)
Démobilisé le 13 juin 1945 par le 2° RCA de la 2°DB

 Après la libération de Paris, la 2ème DB se remet en conditions opérationnelles entre le 30 août et le 8 septembre 1944.

le général Leclerc obtient d'être mis à la disposition du 15ème Corps d'armée américain commandé par le général Haislip de la IIIème armée américaine, du général Patton.
La poursuite de la guerre pour la 2ème DB se fait en quatre étapes :
marche d'approche vers les Vosges et victoire de Dompaire le 13 septembre 1944
combats au pied des Vosges et victoire de Baccarat le 31 octobre 1944
prise du col de Saverne et de Strasbourg le 23 novembre 1944
bataille d'Alsace et fermeture de la poche de Colmar le 8 février 1945

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La poche de Royan, 1945

Emile Pagliantini est affecté au 12ème régiment de chasseurs d’Afrique le 18 février 1945, 3ème peloton du 2ème escadron. Il est affecté au char Provence du 3ème peloton, commandé par l’adjudant-chef Titeux. Le chef de char est le maréchal des logis chef Auguste Gautier. Le régiment est positionné à l’est de Metz et s’apprête à être mis au repos à Buzançais dans l’Indre.

Le 1er mars le régiment fait mouvement vers Château – Salins où les chars et les véhicules à chenilles sont embarqués sur des trains ; les véhicules à roues se déplaceront par la route pour gagner Buzançais. Le 2ème escadron embarque dans la matinée du 4 mars et arrive dans la soirée du 5, à Châteauroux. Le 6 mars, l’escadron cantonne à Argy, au nord de Buzançais. Les 15, 23 et 27 mars plusieurs prises d’armes et défilés ont lieu autour de Buzançais au cours desquelles des hommes sont décorés. Le 15, les troupes sont présentées au général Leclerc et du général de Langlade.

Le régiment est mis à la disposition du détachement de l’Armée de l’Atlantique le 8 avril (ordre d’opérations n° 318/3 du général commandant la 2° DB en date du 30 mars 1945). Le 9 avril, le 2ème escadron est embarqué à la gare de Neuvy – Pailloux, pour être débarqué le lendemain, à partir de 4h30 à Saint – Jean d’Angély. Il part en cantonnement à Paillé, au nord – est de la ville. Il est mis à la disposition du groupement sud commandé par le général Adeline. Le 11 avril il est cantonné au sud de Saintes. Le 13 il est positionné entre Gémozac et Cozes.

L’offensive sur le réduit de Royan est déclenchée le 14 avril à 6h35. Le 16 avril, le 2ème escadron attaque Saint – Georges de Didonne en appui du bataillon FFI Bigorre. La ville est prise à 14h00. L’escadron fait mouvement sur Saujon à partir de 17h00. Le lendemain il reprend son cantonnement à Paillé. Le 18 avril, les forces allemandes se rendent. Le 22 avril, l’escadron participe à une prise d’armes aux Mathes. Les troupes sont passées en revue par le général d’Anselme, commandant de la division Gironde puis par le général de Gaulle et le général de Larminat.

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En Allemagne et fin de la guerre

Leclerc impatient de pouvoir combattre en Allemagne, reçoit l'ordre le 22 avril d'y rejoindre la 7ème armée américaine. Il fournit le Groupement tactique V à la 12ème division américaine qui n'en disposait pas. L'objectif est Salzbourg en Autriche, à partir de la région munichoise.

Le 2 mai les objectifs de la division américaine ont changé ; Leclerc reprend le commandement de la 2ème DB. En liaison avec la 3ème DI américaine le nouvel objectif est Berchtesgaden.

Le 12ème RCA commence le 24 avril, son mouvement pour rejoindre l’Alsace puis l’Allemagne. Le 27 avril, à 13h00, le 2ème escadron embarque à la gare de Cognac pour débarquer à Brumath, le 29 avril. Il se rend en Allemagne par Bischwiller, franchit le Rhin à 15h00, poursuit son itinéraire par Rastatt, Ettlingen, Durlach, Heilbronn pour se regrouper avec l’ensemble du régiment, à Grosserlach, le 30 avril. Le 1er mai, il doit rejoindre la région d’Augsbourg. Il quitte Grosserlach à 9h15 pour arriver à Thannhausen entre 18h0 et 21h00, où il s’installe. Le 4 mai, il repart entre 11h00 et 12h00 pour se rendre dans la région de Munich. Il se fixe à Schondorf, au bord de l’Ammersee, à l’ouest de la ville.

On peut lire dans le Journal de marche et des opérations du régiment, à la date du 7 mai :
« La reddition sans condition est signée à Reims. »

A la date du 8 mai : « Une messe suivie d’un « Te Deum » est célébrée à 11h30 en l’honneur de l’Armistice. Une prise d’armes a lieu ensuite à 14h30 au cours de laquelle est écoutée la déclaration radiodiffusée du général de Gaulle. »

Le 10 mai, une messe solennelle est à nouveau célébrée à Uting, en l’honneur de la cessation des hostilités. Le même jour, une partie des soldats effectuent une visite de Berchtesgaden, du nid d’aigle du Berghof et de Salzbourg. Emile Pagliantini rapporte de cette « excursion » des photos figurant sur ce site.

Le 19 mai a lieu à Klosterlachfeld une prise d’armes réunissant toutes les unités de la 2° DB. Le général de Gaulle, le général Leclerc et le général Patch, commandant de la 7ème armée américaine sont présents.

A partir du 25 mai le 12ème RCA fait mouvement pour revenir en France. Son stationnement prévu est la région de Nemours, en Seine et Marne. Le 2ème escadron sera cantonné à partir du 31 mai, à Montcourt. Emile Pagliantini passe la frontière à Kehl le 27 mai avec des éléments du 2ème escadron ; il stationne à Fégersheim, près de Strasbourg. Il embarque à bord d’un train le 31 mai et débarque à Souppes le 1er juin pour gagner son point de stationnement.

Le 11 juin, le général de Langlade fait ses adieux au régiment. La citation à l’Ordre de l’Armée du 12ème RCA est lu au cours de la cérémonie. Le 22 juin, le général Leclerc fait ses adieux à la 2ème DB à Fontainebleau, sur le terrain de la Solle, pour prendre, par la suite, le commandement du Corps expéditionnaire français en Extrême Orient.

Emile Pagliantini est démobilisé le 30 juin et rayé des contrôles du corps à compter du 1er juillet 1945. Il se retire chez M Pagliantini à Joué-en-Charnie dans la Sarthe.

Posté par mercure à 17:35 - - Permalien [#]
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